En ce premier jour de Roland-Garros, je repense forcément à ces années où je parcourrais les allées du stade avec mon accréditation et mon appareil photo avec la fameuse veste multi-poches ocre. A manger un croque-monsieur sur le pouce. J'arrivais toujours tôt le matin vers 8h30 pour voir les entrainements et faire des images plus insolites et décalées des joueurs pour les "bruits de couloirs" du magazine. Et s'asseoir sur le banc des photographes, quel plaisir, quel privilège ! Le numérique n'était pas là, on utilisait des films diapo ( Sensia II ) qu'on triait le soir jusqu'à pas d'heure avant d'aller se coucher et de remettre ça le lendemain. Les journées étaient très longues mais quand on aime on compte pas à ce qu'on dit.
Je me rappelle la 1ère année, dans mon hôtel miteux qui ne me faisait pas payer de supplément pour les cafards mais pour prendre une douche si par contre. Il était pas cher du tout et je m'en moquais, j'y passais si peu de temps. L'année d'après il était fermé probablement pour insalubrité. Je partais de ma chambre sordide et me retrouvais sous le soleil de l'allée des Mousquetaires à rejoindre le court centrale où une Anna Kournikova dans une tenue moulante bien plus sexy que celle qu'elle arborait lors des matchs, s'entrainait. J'entendais sa mère, son entraineur à l'époque dire "doudara" à chaque fois que la belle frappait la balle, j'ai jamais su ce que ça voulait dire.
Je me souviens cette finale Hingis/Graf, quelques années après. Martina, c'était ma joueuse favorite, j'aimais sa nonchalance et sa joie communicative sur le court. Elle avait le match en main, le 1er set en poche, elle dominait et un incident d'arbitrage, elle se déconcentre, elle perd pieds. Je ne l'avais jamasi vu comme ça. Elle sert même à la cuillère à 2 reprises mais ce n'est pas un trait de génie à la Chang mais juste un signe de son complet désarroi. Elle n'est plus là mentalement. Elle perd le match. D'autant plus rageant que cette année-là, elle remporta les 3 autres tournois du grand chelem.
Je n'avais pas accès au central. Enfin pas au banc des photographes ni à la tribune des spectateurs. Si proche et si loin à la fois. Je regardais le match d'un télé juste à coté de la tribune de presse qui m'était également interdite, je suis pas journaliste. De la porte de la tribune de presse j'ai fait quelques photos plus pour le souvenir que pour autre chose. Vus la distance et ma focale ( 300 mm ).
Et pour la victoire de Mary Pierce, j'étais là. Encore une fois privé de court pour la finale. C'est le lot des photographes seconds couteaux.
Bref, quand Roland-Garros commence, je me souviens mes 19 ans et les 4 années passées à photographier le tournoi. Un souvenir inoubliable !
J'ai pris ces photos lors de la journée Benny Berthet en 2006. Je ne suis pas retourné au stade de la porte d'Auteuil depuis. Faute de temps et de budget. Et puis quand, Martina Hingis n'est pas là, je n'y vais pas d'abord ! ;)
Enfin à ce jeu-là, je n'y remettrai jamais les pieds...